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Or : la Guinée inaugure sa première raffinerie, une usine géante de 733 tonnes par an

Or : la Guinée inaugure sa première raffinerie, une usine géante de 733 tonnes par an
Plus d’or brut à l’export : la Guinée a inauguré à Conakry sa première raffinerie, présentée comme la plus grande d’Afrique. Derrière les chiffres impressionnants, un pari industriel et plusieurs zones d’ombre.
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C’est un tournant pour l’un des plus gros producteurs d’or d’Afrique de l’Ouest. Le dimanche 1er novembre 2026, le président Mamadi Doumbouya a inauguré la Nimba Gold Refinery (NGR) à Gbessia-Cité de l’Air, dans la capitale guinéenne. Depuis l’indépendance, le pays exportait son or sans aucune unité nationale de raffinage. C’est désormais terminé, ou presque.

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Un coup de force annoncé en juin

Or : la Guinée inaugure sa première raffinerie, une usine géante de 733 tonnes par an

Tout est parti du 19 juin. Face aux opérateurs des filières industrielle, semi-industrielle et artisanale, ainsi qu’aux comptoirs d’achat, Mamadi Doumbouya a annoncé l’interdiction de l’exportation d’or brut. Son message : la Guinée ne sera plus un simple fournisseur de matières premières. « L’or guinéen sera fondu en Guinée, certifié en Guinée et valorisé en Guinée », a-t-il promis, avec des sanctions sévères pour les contrevenants.

La mise en œuvre a été progressive. Une période de transition de 90 jours a permis aux producteurs d’exporter encore de l’or non raffiné jusqu’au 6 octobre. Trois jours plus tard, le 9 octobre, les premiers lingots raffinés en Guinée quittaient déjà le pays, avant même la cérémonie officielle.

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Or : la Guinée inaugure sa première raffinerie, une usine géante de 733 tonnes par an
Or : la Guinée inaugure sa première raffinerie, une usine géante de 733 tonnes par an

733 tonnes : une usine bien plus grande que la production

La capacité nominale annoncée est de 733 tonnes d’or par an, soit environ dix fois la production nationale estimée à 70 tonnes en 2025. Le site peut produire des lingots d’une pureté de 99,99 %, conforme aux exigences du marché international. Le représentant de l’entreprise, Moussa Magassouba, assure qu’à 50 % de sa capacité, la raffinerie pourrait générer un flux financier annuel de 4,5 milliards de dollars. Cette projection vient de la direction elle-même et n’a pas été confirmée de façon indépendante.

Ce surdimensionnement est voulu : Conakry compte attirer l’or de ses voisins et devenir un hub régional du raffinage. Le ministre des Mines, Bouna Sylla, a salué une raffinerie de dernière génération qui place la Guinée parmi les acteurs majeurs du secteur.

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Or : la Guinée inaugure sa première raffinerie, une usine géante de 733 tonnes par an

Les orpailleurs au centre du jeu

Le dossier se joue en grande partie du côté artisanal. En 2025, la Guinée a exporté 19 946 kilos d’or industriel et 49 609 kilos d’or artisanal, selon le ministère des Mines. Autrement dit, environ 70 % des exportations viennent de l’orpaillage, un secteur difficile à contrôler. L’État prévoit aussi de pouvoir acheter jusqu’à 30 % de l’or des mines industrielles et semi-industrielles pour le raffiner localement. Un dispositif d’achat et de test de l’or, basé à Kankan, dans la région productrice, doit compléter le site de Conakry.

Qui possède vraiment la raffinerie ?

C’est la question qui reste ouverte. Fin juin, le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a précisé devant le corps diplomatique qu’il ne s’agissait pas d’une raffinerie appartenant à l’État, mais d’un investissement privé. Lors de l’inauguration, ni le coût du site ni l’identité complète de ses investisseurs n’ont été détaillés publiquement. Côté emplois, un média guinéen évoque plus de 100 emplois directs attendus, mais le chiffre n’a pas été donné officiellement le jour de la cérémonie. Les autorités, elles, mettent en avant la création d’emplois qualifiés, la formation des jeunes Guinéens et une meilleure traçabilité de l’or.

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La course est lancée en Afrique de l’Ouest

La Guinée rejoint le Mali, le Burkina Faso et le Ghana, déjà équipés. Le Burkina a inauguré sa raffinerie un peu plus d’un mois avant elle. Au Ghana, la Royal Ghana Gold Refinery affiche une capacité de 120 tonnes par an.

Et la Côte d’Ivoire n’est pas en reste. Sa première unité d’affinage, portée par la SIMEP, doit entrer en exploitation au premier semestre 2027, à Abidjan, avec une capacité d’environ 100 tonnes par an. L’État et la Sodemi y détiennent ensemble 49 % du capital. Le gouvernement ivoirien vise le rang de premier producteur africain d’or d’ici 2035. Pour Abidjan, l’inauguration de Conakry sonne comme un signal : le raffinage local devient le nouveau standard dans la sous-région.

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