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Orpaillage : Blé Goudé sonne l'alarme et lâche : « Il faut couper la tête de l'orpaillage »

Orpaillage : Blé Goudé sonne l'alarme et lâche : « Il faut couper la tête de l'orpaillage »
Face à la presse, le président du COJEP a comparé la situation à une véritable « guerre de l'or » et réclame la création d'un ministère dédié à la lutte contre le fléau.
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C'est un discours grave, presque solennel, que Charles Blé Goudé a livré ce jeudi. Devant micros et caméras, le président du COJEP a choisi de ne plus parler d'un simple problème environnemental, mais d'une menace existentielle pour la Côte d'Ivoire. Son constat est sans appel : l'orpaillage illégal, longtemps toléré comme une activité de survie, s'est transformé en système criminel organisé, avec ses financiers, ses réseaux et ses complicités.

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Ailleurs, on a parlé des cartels de la drogue. La Chine a vécu la guerre de l'opium. Est-ce que la Côte d'Ivoire n'est pas en train de vivre la guerre de l'or ?

Orpaillage : Blé Goudé sonne l'alarme et lâche : « Il faut couper la tête de l'orpaillage »

lance-t-il d'entrée, donnant le ton d'une intervention qui ne fera pas dans la demi-mesure.

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Une « guerre » contre le pays et ses populations

Pour Blé Goudé, il est temps de changer de paradigme. Selon lui, l'orpaillage ne doit plus être traité comme une infraction minière isolée, mais comme une atteinte multidimensionnelle à la souveraineté ivoirienne. Il évoque une activité qui « autrefois clandestin, se pratique aujourd'hui au vu et au su de tout le monde », malgré les opérations de démantèlement menées par les forces de l'ordre, dont il salue au passage le sacrifice.

L'orpaillage illégal est une autre forme de guerre contre notre pays, un crime pour les générations présentes et futures. Autrefois clandestin, il se pratique maintenant au grand jour

martèle-t-il.

Des fleuves qui changent de couleur

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Le président du COJEP dit avoir lui-même constaté les dégâts sur le terrain. Il raconte sa visite au bord du fleuve Sassandra, dont la couleur aurait radicalement changé, ainsi qu'un déplacement dans un village du sud de la Comoé où les habitants ne pêcheraient plus. Une pollution qui, selon lui, contamine aussi bien l'eau potable que les cultures irriguées, avec des conséquences directes sur la santé publique : poissons contaminés, lait maternel touché, risques de malformations et de cancers à venir.

L'or de la Côte d'Ivoire appartient à la Côte d'Ivoire. Les terres appartiennent à la Côte d'Ivoire. Pensons aux générations futures », insiste-t-il, rappelant que les exploitants illégaux « prennent les richesses et nous laissent les maladies

Mercure interdit : « qui dédouane ces produits ? »

Au-delà des sites d'exploitation, Blé Goudé pointe toute une chaîne d'acteurs : organisateurs, superviseurs, fournisseurs de matériel, acheteurs d'or, financiers. Il s'attarde en particulier sur le mercure, produit dont la vente est pourtant interdite dans le pays.

La vente du mercure est interdite en Côte d'Ivoire. Qui permet le dédouanement du mercure ? Qui permet aux personnes de se procurer du mercure ?

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Orpaillage : Blé Goudé sonne l'alarme et lâche : « Il faut couper la tête de l'orpaillage »

La vente du mercure est interdite en Côte d'Ivoire. Qui permet le dédouanement du mercure ? Qui permet aux personnes de se procurer du mercure ?

interroge-t-il, appelant à identifier les complicités qui permettraient à ce trafic de prospérer.

Pour lui, s'attaquer uniquement aux ouvriers sur les sites revient à « couper les doigts » sans traiter le mal à la racine. Sa formule fait mouche :

Il faut couper la tête de l'orpaillage. La lutte ne peut donc plus se limiter aux seuls sites d'exploitation. Il faut s'attaquer à toute la chaîne de l'exploitation.

Un ministère dédié, sur le modèle de la lutte contre le sida

Sur le plan des solutions, Charles Blé Goudé propose une réponse structurelle plutôt que conjoncturelle. Il appelle le président Alassane Ouattara à créer un ministère entièrement consacré à la lutte contre l'orpaillage illégal, à l'image de ce qui avait été fait par le passé face à d'autres crises nationales.

Lorsque le SIDA ravageait notre pays, il y a eu un ministère dédié à la lutte contre le SIDA. C'est pourquoi je propose, au sein du gouvernement, la mise en place d'un ministère chargé de la lutte contre l'orpaillage illégal.

déclare-t-il, précisant que la Défense et la Sécurité continueraient d'assurer le volet opérationnel, sous la houlette de cette nouvelle structure.

Il plaide également pour le gel des avoirs des commanditaires identifiés, afin que cet argent serve à réhabiliter les sites détruits et à financer les opérations des forces de l'ordre, ainsi que pour une surveillance technologique renforcée, via drones et systèmes d'alerte, notamment autour des zones de captage d'eau, des forêts classées et des espaces agricoles stratégiques.

« Nous sommes tous victimes, nous ne sommes pas tous responsables »

Blé Goudé prend soin de distinguer les jeunes travailleurs présents sur les sites, qu'il considère eux-mêmes comme des victimes d'un système qui les dépasse, et les véritables commanditaires, qu'il appelle à traquer sans relâche. « Nous sommes tous victimes. Nous ne sommes pas tous responsables », répète-t-il à plusieurs reprises, comme pour recentrer le débat loin des seuls ouvriers et vers les réseaux financiers qui, selon lui, « nous narguent avec l'argent » et « nous laissent la maladie ».

Il évoque enfin une dimension transfrontalière du phénomène, citant le cas de la lagune Aby, polluée selon lui par des activités d'orpaillage menées côté ghanéen, dont les résidus toxiques remonteraient jusqu'aux eaux ivoiriennes.

En clôturant son intervention, le président du COJEP a voulu marquer les esprits par la gravité de son ton, appelant à une mobilisation nationale qui dépasse les clivages politiques. Reste à savoir si sa proposition de ministère dédié trouvera un écho du côté de l'exécutif.

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