Publicité

Visas USA 2026 : Jusqu’à 9 millions FCFA de caution pour les Ivoiriens, l’Afrique face au mur financier de Trump

Le président américain Donald Trump
De la Côte d’Ivoire à plusieurs pays africains, une nouvelle règle américaine sur les visas touristiques impose une barrière financière inédite qui risque d’exclure la majorité des voyageurs ordinaires.
Publicité

Une barrière financière sans précédent

Publicité

À compter du 21 janvier 2026, les citoyens ivoiriens sollicitant un visa touristique ou visiteur B1/B2 pour les États-Unis devront s’acquitter d’une caution financière pouvant atteindre 15 000 dollars. Cette mesure, annoncée le 6 janvier 2026 par le Département d’État américain, marque un durcissement majeur des conditions d’accès au territoire américain pour la Côte d’Ivoire et plusieurs autres pays africains.

Le montant de cette caution sera déterminé lors de l’entretien consulaire et pourra s’élever à 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars. La procédure impose la soumission du formulaire I-352 ainsi qu’un paiement obligatoire via la plateforme officielle Pay.gov.

Fait notable : le paiement de cette somme ne garantit pas l’obtention du visa. En cas de refus, le remboursement peut prendre plusieurs mois, immobilisant des fonds considérables jusqu’à 9 millions FCFA pour la tranche la plus élevée dans des économies déjà fragilisées.

L’ombre de Donald Trump : le retour d’une politique migratoire restrictive

Cette décision s’inscrit dans la continuité de la ligne migratoire défendue par Donald Trump, réélu à la présidence des États-Unis en 2024. Lors de son premier mandat (2017-2021), la délivrance de visas B1/B2 aux ressortissants africains avait chuté de près de 70 %, selon plusieurs sources diplomatiques.

Du Travel Ban de 2017, qui avait ciblé notamment le Soudan et la Libye, aux restrictions sévères imposées à certains pays de la Corne de l’Afrique, l’administration Trump a constamment justifié ces mesures par des impératifs de sécurité nationale. Désormais, l’argument central repose sur la lutte contre le dépassement de séjour. Dans ce contexte, la Côte d’Ivoire se retrouve particulièrement exposée à cette nouvelle approche dissuasive.

Publicité

une mesure à fort impact social pour la Côte d'Ivoire

Pour un Ivoirien moyen, dont le revenu mensuel avoisine 100 000 FCFA (environ 150 dollars), la caution minimale de 5 000 dollars représente près de 33 mois de salaire intégral.
À 15 000 dollars, il s’agit d’un montant hors de portée pour l’écrasante majorité de la population.

Les conséquences pourraient être multiples :

  • Un frein aux échanges économiques : avant la pandémie, environ 27 000 demandes de visa américain étaient enregistrées chaque année en Côte d’Ivoire.

  • Un creusement des inégalités : seuls les milieux les plus aisés diplomates, responsables politiques et grandes fortunes pourront encore voyager.

  • Un choc pour la diaspora : visites familiales, événements sociaux et regroupements temporaires deviendront financièrement inaccessibles pour de nombreux foyers.

Plusieurs pays africains concernés

Si cette mesure touche aussi des pays hors du continent africain, comme le Bangladesh ou le Venezuela, c’est bien l’Afrique qui en subit le choc le plus sévère. Selon la liste officielle publiée par les autorités américaines, plusieurs États africains seront soumis à cette caution dès janvier 2026, parmi lesquels figurent notamment :

  • Côte d’Ivoire (21 janvier 2026)

  • Sénégal (21 janvier 2026)

  • Togo (21 janvier 2026)

  • Bénin (21 janvier 2026)

  • Gabon (21 janvier 2026)

  • Nigeria (21 janvier 2026)

  • Guinée et Guinée-Bissau (1er janvier 2026)

  • Angola (21 janvier 2026)

À noter que d’autres pays africains, comme la Mauritanie, la Gambie ou encore le Malawi, sont déjà soumis à ce régime depuis la fin de l’année 2025.

Publicité

Les conditions de ce « Visa Bond »

Le montant de la caution n’est pas automatique ni uniforme. Il est fixé au cas par cas, lors de l’entretien à l’ambassade américaine, selon le profil du demandeur.

  • Trois montants possibles : 5 000, 10 000 ou 15 000 dollars

  • Formulaire I-352 : obligatoire pour formaliser l’engagement

  • Plateforme Pay.gov : unique canal officiel pour le versement au Trésor américain

  • Aucune garantie de visa : le paiement de la caution n’entraîne pas automatiquement l’obtention du visa

  • Remboursement incertain : en cas de refus ou après le retour au pays, la récupération des fonds peut s’avérer longue et complexe

Les conséquences dramatiques pour nos pays

Cette mesure ne se limite pas à un simple dépôt financier ; elle risque de transformer durablement les relations entre l’Afrique et les États-Unis.

  • Exclusion de la classe moyenne : avec une caution pouvant atteindre près de 9 millions FCFA, le voyage vers les États-Unis devient un privilège réservé à une élite financière, excluant cadres moyens, commerçants et professionnels.

  • Frein brutal au commerce : au Gabon, en Côte d’Ivoire ou au Nigeria, de nombreux entrepreneurs qui s’approvisionnent aux États-Unis verront leur capital de roulement immobilisé par le Trésor américain, fragilisant leurs activités.

  • Brisement des liens familiaux : pour la diaspora, accueillir un parent pour une urgence familiale deviendra un défi financier presque insurmontable.

  • Discrimination géographique ressentie : alors que les ressortissants européens voyagent avec peu de contraintes, l’Afrique est de plus en plus perçue comme une zone à « haut risque migratoire », alimentant un sentiment d’injustice et de racisme institutionnel.

  • Crainte des remboursements : la lourdeur administrative et l’incertitude entourant la restitution de la caution décourageront de nombreux voyageurs, inquiets de voir leur argent bloqué ou perdu.

Selon plusieurs analyses du Migration Policy Institute, ces mesures pourraient entraîner une baisse d’environ 50 % des voyages africains vers les États-Unis d’ici 2027. Face à ce nouveau mur financier, de nombreux voyageurs africains pourraient privilégier d’autres destinations.

Publicité

En conditionnant l’accès au visa à une capacité financière élevée, les États-Unis envoient un message clair : le territoire américain se ferme davantage aux pays du Sud.

Pour la Côte d’Ivoire, acteur clé de l’UEMOA, l’enjeu dépasse la simple mobilité : il devient économique, social et diplomatique. Une chose est certaine : en 2026, le visa américain ne sera plus seulement une formalité administrative, mais un privilège réservé à une minorité.

Publicité
Dernières vidéos
Publicité